En détenant près d’un tiers des réserves mondiales de bauxite, la Guinée figure parmi les pays les plus stratégiques dans la production mondiale d’aluminium. Pourtant, la richesse minière nationale bénéficie encore trop peu aux acteurs guinéens, souvent relégués au second plan face aux mastodontes internationaux.
Une ambition politique réaffirmée
Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs — de l’ère Alpha Condé à la junte actuelle — affirment vouloir faire émerger des « champions nationaux » dans le secteur minier. L’idée : donner aux opérateurs guinéens les moyens de rivaliser avec les groupes étrangers qui dominent l’industrie.
AGB2A-GIC (Alliance Guinéenne de la Bauxite de l’Alumine et de l’Aluminium – Guinea International Corporation), dirigée par Ahmed Kanté, incarne cette ambition. En quelques années, cette société locale a su bâtir une infrastructure complète, allant de l’extraction à l’exportation de la bauxite. Elle compte aujourd’hui au moins cinq mines en exploitation, une route minière, un port, et des partenariats stratégiques qui consolident sa position.
Une ascension qui dérange ?
Le parcours de cette entreprise nationale ne semble pas faire l’unanimité. Son administrateur général, Ahmed Kanté, fait l’objet d’attaques répétées et parfois jugées orchestrées. Ces manœuvres soulèvent des interrogations : cherche-t-on à freiner l’essor d’un acteur minier 100 % guinéen ? Pourquoi ces actions semblent-elles aussi coordonnées ?
Malgré ces turbulences, AGB2A-GIC continue sa progression. En 2024, l’entreprise a exporté 7,5 millions de tonnes de bauxite, avec un record de 800 000 tonnes au seul mois de novembre. Elle vise désormais une capacité de 10 millions de tonnes dans un futur proche — un cap qui ferait d’elle un des piliers de l’économie nationale.
D’autres figures émergentes du secteur
Ahmed Kanté n’est pas seul dans cette aventure. D’autres Guinéens se sont lancés dans l’exploitation minière avec une volonté affichée de prendre part à la transformation du pays :
- Mori Diané et le général Mathurin Bangoura, via la Guinéenne des Mines (GDM)
- Sony Doumbouya, directeur général de l’Alliance Minière Responsable (AMR)
Tous partagent les mêmes défis : lourdeurs administratives, accès limité au financement, et surtout un manque de soutien politique décisif pour favoriser leur essor.
Une industrie dominée par les multinationales
En 2022, la Guinée a exporté plus de 100 millions de tonnes. Toutefois, cette croissance est principalement tirée par des entreprises à capitaux étrangers.
À l’inverse, les opérateurs guinéens tendent à réinvestir localement, à créer des emplois durables et à renforcer la formation des ressources humaines locales. Leur participation accrue serait un levier puissant pour l’émergence d’une classe moyenne et d’un tissu économique autonome.
Vers une souveraineté économique minière
Renforcer le rôle des opérateurs nationaux dans la chaîne de valeur minière est devenu une urgence stratégique. Il en va non seulement de la répartition équitable des richesses, mais aussi de la souveraineté économique de la Guinée.
Former des compétences locales, garantir l’accès à des financements publics ou privés, et assurer une meilleure transparence dans l’attribution des permis miniers sont des leviers essentiels pour rééquilibrer le secteur.
Westaf Mining
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